Auteur/autrice : Vox Ethica

  • Multinationales responsables : pourquoi Vox Ethica prend position sur le contre-projet

    Multinationales responsables : pourquoi Vox Ethica prend position sur le contre-projet

    L’Église catholique s’engage depuis des décennies pour le respect des droits humains. Depuis l’encyclique Laudato si’ au plus tard, la protection de l’environnement et la lutte contre les conséquences du changement climatique comptent également parmi ses préoccupations. Un monde où chaque être humain peut réaliser son potentiel est une tâche qui concerne l’ensemble de la société: une tâche qui incombe à tous les acteurs sociaux, et non au seul État.

    Cette conviction n’est pas simplement une position ecclésiale, que l’on pourrait tout aussi bien fonder autrement. Elle plonge ses racines dans la vision biblique de l’être humain et du monde.

    L’être humain comme image de Dieu. Au commencement de la Bible se trouve l’affirmation que l’être humain est créé à l’image de Dieu – chaque être humain, sans exception (Gn 1,26–27). C’est de cette ressemblance divine que la tradition chrétienne tire la dignité inaliénable de toute personne, une dignité qui ne peut être subordonnée à aucune opportunité économique ou politique. Là où les chaînes d’approvisionnement plongent des personnes dans la pauvreté, l’exploitation ou le déplacement forcé, c’est cette ressemblance divine elle-même qui est atteinte.

    La création comme bien confié. Le même récit de la création confie à l’être humain la tâche de « cultiver et de garder » le jardin (Gn 2,15). Il s’agit d’un mandat de soin, non d’exploitation sans égard. Le pape François a repris cette idée dans Laudato si’, rappelant que la terre ne nous appartient pas, mais nous est confiée. Dans cette perspective, la destruction de l’environnement n’est pas un dommage collatéral de l’activité économique, mais une violation d’un mandat originel.

    La tradition prophétique. Toute la Bible est traversée par une voix dérangeante : celle des prophètes, qui condamnent sévèrement l’exploitation économique. Amos, par exemple, dénonce ceux qui « vendent le pauvre pour une paire de sandales » (Am 2,6). Pour la tradition prophétique, le profit économique réalisé au détriment des plus faibles n’est pas un simple écart de conduite, mais une trahison de l’alliance avec Dieu. Cette voix nous interpelle encore aujourd’hui : une liberté économique qui ignore les plus vulnérables tout au long des chaînes d’approvisionnement mondiales s’inscrit dans une longue série de pratiques condamnées par la Bible.

    Dieu aux côtés des plus vulnérables. Enfin, la venue même de Dieu dans le monde – l’incarnation – manifeste une attention durable envers les petits et les vulnérables. Cette logique de solidarité « par le bas » constitue la raison théologique la plus profonde pour laquelle l’engagement ecclésial ne se satisfait pas de déclarations d’intention bien formulées, mais insiste sur des mécanismes de protection efficaces et opposables en justice pour les personnes réellement concernées.

    C’est sur ce fondement biblique et théologique que la doctrine sociale de l’Église a développé ses principes, traduisant ces intuitions en principes. Le principe du bien commun, par exemple, ne s’applique pas seulement à l’action de l’État, mais engage tout autant les acteurs économiques privés : la liberté d’entreprendre n’est pas une fin en soi, mais doit s’orienter – précisément en vertu de cette ressemblance divine partagée par tous les êtres humains – vers la contribution au bien de tous.

    Qu’en découle-t-il concrètement ? De l’articulation de deux autres principes fondamentaux (la subsidiarité et la solidarité ) découle l’exigence d’obligations de diligence contraignantes, et non simplement volontaires, pour les entreprises. La subsidiarité ne signifie en effet pas que l’État doive se tenir le plus possible à l’écart, mais l’oblige au contraire à intervenir dès lors que l’échelon inférieur – ici : l’engagement volontaire des entreprises – ne remplit manifestement pas sa mission de protection. La dimension mondiale de la solidarité, que l’Église souligne depuis Populorum Progressio, exige qu’à une activité économique transfrontalière corresponde également une responsabilité juridique transfrontalière . Une responsabilité qui découle en définitive de la conviction que tous les êtres humains, où qu’ils vivent, partagent la même dignité.

    C’est à partir de ces réflexions que Vox Ethica a décidé de s’engager, par cette prise de position, dans la consultation relative au contre-projet indirect à l’initiative populaire « Pour des multinationales responsables – afin de protéger l’être humain et l’environnement ».

    Vox Ethica salue par principe toutes les démarches qui favorisent une meilleure protection de l’être humain et de l’environnement face aux conséquences de l’activité humaine. Dans sa prise de position, Vox Ethica montre toutefois aussi les points sur lesquels le projet actuel devrait, à son avis, encore être amélioré.

    FL. 24.07.2026

  • Warum sich Vox Ethica in die Vernehmlassung zur Konzernverantwortung einbringt

    Warum sich Vox Ethica in die Vernehmlassung zur Konzernverantwortung einbringt

    Die katholische Kirche setzt sich seit Jahrzehnten für die Einhaltung der Menschenrechte ein. Spätestens seit der Enzyklika Laudato si’ gehören auch der Schutz der Umwelt und die Bekämpfung des Klimawandels zu ihren Anliegen. Dahinter steht eine einfache Überzeugung: Eine Welt, in der alle Menschen ihr Potential entfalten können, ist eine gesamtgesellschaftliche Aufgabe – eine Aufgabe, die alle gesellschaftlichen Akteure betrifft, nicht nur den Staat.

    Diese Überzeugung ist nicht einfach eine kirchenpolitische Position, die man auch anders begründen könnte. Sie wurzelt tief im biblischen Menschen- und Weltbild selbst.

    Der Mensch als Bild Gottes. Am Anfang der Bibel steht der Satz, dass der Mensch als Abbild Gottes geschaffen ist – jeder Mensch, ohne Ausnahme (Gen 1,26–27). Aus dieser Ebenbildlichkeit leitet die christliche Tradition die unveräusserliche Würde jedes Menschen ab, die keiner wirtschaftlichen oder politischen Zweckmässigkeit untergeordnet werden darf. Wo Lieferketten Menschen in Armut, Ausbeutung oder Vertreibung treiben, wird an dieser Ebenbildlichkeit selbst Schaden angerichtet – nicht nur an einer abstrakten Rechtsnorm.

    Die Schöpfung als anvertrautes Gut. Derselbe Schöpfungsbericht spricht dem Menschen die Aufgabe zu, den Garten zu « bebauen und zu bewahren » (Gen 2,15) – ein Auftrag zur Pflege, nicht zur rücksichtslosen Nutzung. Papst Franziskus hat diesen Gedanken in Laudato si’ aufgenommen und daran erinnert, dass die Erde uns nicht gehört, sondern uns anvertraut ist. Umweltzerstörung ist aus dieser Warte kein Kollateralschaden wirtschaftlichen Handelns, sondern ein Verstoss gegen einen ursprünglichen Auftrag.

    Die prophetische Tradition. Durch die ganze Bibel zieht sich zudem eine unbequeme Stimme: die der Propheten, die wirtschaftliche Ausbeutung scharf verurteilen. Amos etwa prangert jene an, die « die Armen um ein Paar Schuhe verkaufen » (Am 2,6) – wirtschaftlicher Gewinn auf Kosten der Schwächsten ist für die prophetische Tradition kein Kavaliersdelikt, sondern ein Verrat am Bund. Diese Stimme mahnt auch heute: Wirtschaftliche Freiheit, die die Verwundbarsten entlang globaler Lieferketten übersieht, steht in einer langen Reihe biblisch verurteilter Praktiken.

    Gott an der Seite der Verwundbaren. Schliesslich zeigt sich im Kommen Gottes selbst in die Welt – in der Menschwerdung – eine bleibende Zuwendung zu den Geringen und Verletzlichen. Diese Logik der Solidarität « von unten » ist der tiefste theologische Grund dafür, dass sich kirchliches Engagement nicht mit wohlklingenden Absichtserklärungen zufriedengibt, sondern auf wirksame, einklagbare Schutzmechanismen für die tatsächlich Betroffenen drängt.

    Aus diesem biblisch-theologischen Fundament hat die katholische Soziallehre ihre Prinzipien entwickelt, mit denen sie diese Einsichten auf gesellschaftliche und rechtliche Fragen übersetzt. Das Prinzip des Gemeinwohls etwa bindet nicht nur staatliches Handeln, sondern ebenso private wirtschaftliche Akteure: Unternehmerische Freiheit ist kein Selbstzweck, sondern hat sich – ganz im Sinne der Ebenbildlichkeit aller Menschen – am Beitrag zum Wohl aller zu orientieren.

    Was folgt daraus konkret? Aus dem Zusammenspiel zweier weiterer Grundprinzipien – Subsidiarität und Solidarität – ergibt sich für uns die Forderung nach verbindlichen statt bloss freiwilligen Sorgfaltspflichten für Unternehmen. Subsidiarität bedeutet nämlich nicht, dass sich der Staat möglichst heraushält, sondern verpflichtet ihn zum Handeln, sobald die untere Ebene – hier: die freiwillige Selbstverpflichtung der Unternehmen – ihren Schutzauftrag nachweislich nicht erfüllt. Und die globale Dimension der Solidarität, wie sie die Kirche seit Populorum Progressio betont, verlangt, dass grenzüberschreitendem wirtschaftlichem Handeln auch grenzüberschreitende rechtliche Verantwortung entspricht – eine Verantwortung, die letztlich aus der Einsicht folgt, dass alle Menschen, gleich wo sie leben, dieselbe Würde teilen.

    Aus diesen Überlegungen heraus hat sich Vox Ethica entschieden, sich mit einer eigenen Stellungnahme in die Vernehmlassung zum indirekten Gegenvorschlag zur Volksinitiative «Für verantwortungsvolle Grossunternehmen – zum Schutz von Mensch und Umwelt» einzubringen.

    Vox Ethica begrüsst grundsätzlich alle Bestrebungen, die einen grösseren Schutz von Mensch und Umwelt vor den Auswirkungen menschlichen – hier im Speziellen wirtschaftlichen – Handelns fördern. In unserer Stellungnahme zeigen wir aber auch auf, wo der vorliegende Entwurf aus unserer Sicht noch nachgebessert werden sollte.

    FL. 24.07.2026

  • Nationale Tagung zur Integralen Ökologie in Fribourg

    Nationale Tagung zur Integralen Ökologie in Fribourg

    Am 23. Juni 2026 versammelte Vox Ethica Engagierte aus allen Sprachregionen und Bistümern der Schweiz zu einer ersten nationalen Tagung zum Thema Integrale Ökologie in Freiburg. Ziel war es, kirchlich Engagierte im Bereich der integralen Ökologie über Sprach- und Bistumsgrenzen hinweg zu vernetzen und ihnen Raum zu geben, sich zu begegnen sowie ihre Projekte und Anliegen zu teilen. 

    Eröffnung 

    Josef Stübi, Weihbischof von Basel, eröffnete den Tag mit einem persönlichen Zeugnis aus seiner Kindheit, in der das bäuerliche Leben noch stark von Religiosität und Naturverbundenheit geprägt war. Er erinnerte daran, dass das Verstehen der Natur als Schöpfung – als heiliges Geschenk – unsere Beziehung zu ihr von Grund auf verändert und uns zu tiefem Respekt vor der Schöpfung verpflichtet. 

    Transformativer Wandel 

    Dorothea Hug Peter, Biologin im Bereich transformativer Wandel und Erhaltung der Biodiversität (biodiversitaet.scnat.ch), führte in die zentralen Elemente des transformativen Wandels ein. In einem praxisorientierten Format arbeiteten die Teilnehmenden mit einem eigens entwickelten Kartenset daran, wie ökologische Dimensionen ganzheitlich in lokale kirchliche Projekte integriert werden können. 

    Spiritualität und Schöpfungstheologie 

    Der Theologe Michel Maxime Egger (trilogies.org) beleuchtete die spirituellen Dimensionen unserer Beziehung zur Schöpfung, ausgehend von Laudato si’ und der orthodoxen Theologie. Er betonte, dass der Schutz der Schöpfung kein Randthema christlicher Existenz ist, sondern ein zentrales Anliegen. Nachhaltiger Wandel erfordert eine innere Umkehr – getragen von echter Liebe zur Schöpfung und nicht bloss von Pflichtgefühl oder äusserem Konformismus. Im Anschluss an Patriarch Bartholomäus I. rief er zur individuellen und kollektiven Metanoia und zur Erneuerung unserer Denkparadigmen auf. 

    Projektpräsentationen 

    Ökumenisches Netzwerk Ecoéglise (Westschweiz) 

    Lara Florine Schmid präsentierte das ökumenische Netzwerk Ecoéglise (ecoeglise.ch). Das Netzwerk umfasst Pfarreien und Glaubensgemeinschaften aus der ganzen Romandie und bietet Austausch, Ökodiagnose-Tools, Reflexionsmaterial sowie einen gemeinsamen Kalender mit Online-Ressourcen. Der jährliche Netzwerktag findet am 3. Oktober 2026 in Lausanne statt. 

    Bischofsrat für Ökologie, Diözese Lausanne-Genf-Freiburg-Neuenburg 

    Roberto de Col stellte die Schwerpunkte des Bischofsrat Ökologie des Bistum LGF vor (diocese-lgf.ch). Die sieben Handlungsfelder – Gottesdienst und Bildung, Infrastruktur, solidarisches und ethisches Engagement, Konsum (inkl. Mobilität), Finanzen und Biodiversität – decken die verschiedenen Beziehungsdimensionen ab: zu Gott, zu sich selbst, zu anderen und zum Lebendigen. 

    Kantonaler Rat der katholischen Kirche Waadt 

    Lucia Castro Navia stellte das Projekt des Kantonalen Rats der katholischen Kirche im Kanton Waadt vor (cath-vd.ch). Im Geist der Synodalität soll gemeinsam reflektiert werden, wie die Prinzipien der integralen Ökologie in den Pfarreien des Kantons verankert werden können. 2026 finden vier Treffen mit je über 30 eingeladenen Laien, Ordensleuten und Freiwilligen statt. Präsentiert wurde auch die Bewegung Détox la terre (detoxlaterre.ch), die einen wachstumskritischen Konsum fördern möchte. 

    Oeku Kirche und Umwelt 

    Olivier Ottet präsentierte die Projekte und das umfangreiche Material von oeku, Kirche und Umwelt (oeku.ch). Das Netzwerk feiert dieses Jahr sein 40-jähriges Jubiläum. Vorgestellt wurden auch die verschiedenen Zertifizierungen, darunter der Grüne Güggel. 

    Laudato si’-Garten, Diözese Lugano 

    Corinne Zaugg von der Unione femminile cattolica ticinese berichtete über die Entstehungsgeschichte des Laudato si’-gartens im Kreuzgang von San Giuseppe in der Diözese Lugano (ufct.ch). Sie schilderte die gemeinschaftsbildenden Aktivitäten rund um den Garten, der am 6. September 2026 eingeweiht wird. 

    Nachhaltigkeitsmodell der Kirche im Kanton Zürich 

    Markus Staudinger, Nachhaltigkeitsbeauftragter der Katholischen Kirche im Kanton Zürich (zhkath.ch), stellte das Zürcher Modell vor, das in drei Schritten strukturiert ist: Nachhaltigkeitsverankerung im grossen Massstab (partizipative Strategie 2021 und Strategische Ziel der Synode), konkrete Umsetzung in sieben Handlungsfeldern (Biodiversität, Ökospiritualität, Energie, Abfall, Konsum, Finanzen, Mobilität sowie drei Querschnittsbereiche: Kommunikation, Engagement, Kooperation). Als Erfolgsbedingungen von Wandel nannte er das zentrale Prinzip: Beziehung vor Fachberatung. Bis 2027 soll jede Pfarrei besucht werden. Greifbares Ergebnis: −36,6 % CO₂-Emissionen seit 2019. 

    Schöpfungszeit, Kanton Freiburg 

    Adrian Craciun vom Bildungsdienst der katholischen Kirche im Kanton Freiburg (cath-fr.ch) präsentierte die vielfältigen Aktivitäten rund um die Schöpfungszeit in den Pfarreien sowie ein Projekt für ein Liturgisches Begleitheft zum Thema Schöpfung, das die Integration dieses Themas in Gottesdienste erleichtern soll. 

    Ausblick und Nächste Schritte 

    Die Tagung brachte 26 Engagierte aus allen Regionen und Bistümern der Schweiz zusammen. Zum Abschluss wurden Wünsche und Ideen zur Weiterentwicklung des Netzwerks gesammelt: 

    • Das Prinzip eines jährlichen Präsenztags wird beibehalten. 
    • Der Vernetzungstag 2027 könnte Besuche von Pfarreien oder Gemeinschaften umfassen, die sich für den ökologischen Wandel engagieren. 
    • Eine stärkere ökumenische Öffnung des Netzwerks wird angestrebt. 
    • Zukünftige Tagungen sollen stärker auf die laufenden Projekte der Teilnehmenden ausgerichtet sein. 
    • Ein spiritueller Akzent könnte eingebaut werden, allenfalls in Verbindung mit dem nationalen Schöpfungsfest (4. Oktober 2026). 
    • Ergänzende Online-Formate (z. B. Zoom) können erwogen werden, um auch jene einzubeziehen, die nicht am ersten Tahung teilnehmen konnten, und um die Tagung  2027 vorzubereiten. 
    • Der Austausch von Dokumenten und Veranstaltungshinweisen zwischen den Mitgliedern wird über ein gemeinsames Padlet weitergeführt. 

    Interessierte am Netzwerk können sich gerne melden: info@voxethica.ch 

  • Journée sur l’écologie intégrale à Fribourg

    Journée sur l’écologie intégrale à Fribourg

    Cette première journée nationale a été organisée par Vox Ethica (Florian Lüthi et Florence Quinche) le 23 juin 2026 à Fribourg. Elle a rassemblé différent·e·s acteur·e·s de l’Eglise catholique et d’organisations œcuméniques autour des projets menés sur l’Ecologie intégrale. Les objectifs de la journée visaient à identifier les acteurs des différentes régions de l’Eglise catholique suisse intéressé.e.s par l’écologie intégrale tout en leur permettant de se rencontrer et d’échanger sur leurs projets et besoins respectifs.

    Josef Stübi, évêque auxiliaire de Bâle a ouvert la journée avec un témoignage tiré de son enfance où le lien du monde paysan à la nature était encore fortement teinté de religiosité et de respect. Il nous a rappelé que penser la nature comme une Création, c’est-à-dire la percevoir comme un don sacré, transforme radicalement notre rapport à la nature et nous en impose un profond respect.

    L’introduction de la journée a été faite par une scientifique spécialiste du changement transformatif et de la préservation de la biodiversité Dorothea Hug Peter (https://biodiversitaet.scnat.ch/). Elle a explicité les éléments clés de la notion de changement transformatif et également proposé d’expérimenter la réflexion sur la création de projets d’écologie intégrale en Eglise, à partir d’exemples de cas pratiques. Les participant.e.s ont donc réfléchi avec un jeu de cartes créé à cet effet, sur comment intégrer les dimensions écologiques (préservations de la nature, mais aussi la prise en compte des valeurs sociales) dans des projets locaux.

    L’importance des aspects spirituels de notre lien à la Création a été mise en évidence par le théologien Michel Maxime Egger (https://trilogies.org/) , qui a proposé une réflexion à partir de Laudato si’ et de la théologie orthodoxe. Il a notamment rappelé que la protection de la Création n’est pas un aspect secondaire de la foi chrétienne, mais un élément central qui ne peut être marginalisé. Il a expliqué ainsi l’importance d’une conversion intérieure de chacun, afin que le changement soit porté par un réel amour de la Création et pas simplement par un sentiment de devoir ou un conformisme extérieur. Son appel à la prise de conscience des causes humaines de la crise écologique résonne avec celui de notre pouvoir de changer les choses. Nos paradigmes de pensée sont ainsi à renouveler, pour qu’un changement profond de la société puisse avoir lieu. En référence au Patriarche Bartholomée 1er, il évoque une métanoïa individuelle et collective.

    Le réseau œcuménique suisse-romand Ecoéglise (https://ecoeglise.ch/ ) a été présenté par Lara Florine Schmid. Cette association rassemble des paroisses et communautés de croyants de toute la Suisse romande. Elle propose notamment des échanges, des outils d’écodiagnostic, du matériel de réflexion et un calendrier partagé et du partage de ressources en ligne (activités, textes pour les célébrations et l’enseignement). Le 3.10.2026 aura lieu à Lausanne la journée annuelle du réseau.

    Roberto de Col a explicité les axes principaux du Conseil épiscopal sur l’Ecologie du Diocèse Lausanne, Genève, Fribourg et Neuchâtel (https://diocese-lgf.ch/conseil-episcopal-ecologie/ ). Les domaines d’action identifiés sont : les célébrations et l’enseignement, les infrastructures, l’engagement solidaire et éthique, la consommation (dont la mobilité), les finances et la biodiversité. Ces axes couvrent différents types de relations : à Dieu, à soi, aux autres et au vivant.

    Le projet de Conseil cantonal de l’Eglise catholique du canton de Vaud (https://www.cath-vd.ch/justice-ecologique-sociale/) a été détaillé par Lucia Castro Navia. Ce Conseil vise, dans un esprit de synodalité, à favoriser une réflexion commune autour de l’intégration des principes d’écologie intégrale dans les paroisses du canton de Vaud. En 2026, 4 rencontres auront lieu, avec plus de 30 personnes invitées, laïques, religieux et bénévoles. Cet espace de discussion ouvert vise à échanger sur la façon de faire vivre l’écologie concrètement dans l’Eglise. Le mouvement et matériel Détox la terre (https://detoxlaterre.ch/), destiné à favoriser une approche décroissante de la consommation, a également été présenté.

    Les projets et le riche matériel d’Oeku, Eglises pour l’environnement, qui fête cette année son jubilé des 40 ans (https://oeku.ch), ont été détaillés par Olivier Ottet. Les différentes certifications (Coq vert) ont aussi été présentées.

    Corinne Zaugg de l’Union féminine catholique tessinoise a relaté les étapes et le processus de création d’un jardin communautaire Laudato si’ dans le cloître de San Giuseppe du diocèse de Lugano (https://ufct.ch/giardino-laudato-si/) ainsi que les activités génératrices de liens organisées autour du jardin. Ce jardin sera inauguré le 6 septembre 2026.

    Le chargé de durabilité (Nachhaltigkeitsbeauftragter) de l’Église catholique du canton de Zurich, Markus Staudinger, a présenté le modèle zurichois de développement durable ecclésial, structuré en trois temps : comment ancrer la durabilité à grande échelle (stratégie participative en 2021), comment produire des effets concrets (via sept champs d’action : biodiversité, écospiritualité, énergie, déchets, consommation, finances et mobilité, complétés par trois champs transversaux : communication, engagement, coopération et partenariats), et ce qui favorise réellement le changement. Ce dernier point repose sur un principe central : la relation passe avant le conseil technique. Un modèle en deux étapes (visite et prise de contact d’abord, conseil ensuite) vise à entrer en relation avec chaque paroisse d’ici 2027, car la confiance est la condition de l’engagement. Résultat tangible à ce jour : −36,6 % d’émissions CO₂ depuis 2019. https://www.zhkath.ch/engagement/oekologie-und-nachhaltigkeit

    Adrian Craciun du Service formations de l’Eglise catholique dans le canton de Fribourg a présenté les nombreuses activités de la Saison de la création proposées par les paroisses ainsi qu’un projet de Guide liturgique sur le thème de la Création. Les textes et commentaires de ce guide ont pour objectif de faciliter l’intégration de ce thème dans les célébrations.https://www.cath-fr.ch/sengager-dans-la-societe/eglise-et-ecologie/ecologie-chez-nous/temps-pour-la-creation/

    La journée a rassemblé 26 acteurs de toutes les régions et diocèses de Suisse et a permis de riches échanges. Elle s’est conclue sur la mise en commun de souhaits et d’idées pour la suite du réseau. Le principe d’une journée annuelle en présentiel a été maintenu. La journée de 2027 pourrait comprendre la visite de projets de paroisses ou de communautés engagées dans la transformation écologique.

    L’ouverture à davantage d’œcuménisme serait également intéressante pour ce type de réseau. L’idée est aussi de travailler durant la journée sur les projets en cours des participant·e·s. Un accent sur la spiritualité pourrait également être intégré dans ces journées, peut-être en lien avec la célébration nationale de la création.

    Une partie des activités du réseau pourrait également avoir lieu en ligne, notamment par une rencontre Zoom, pour celles et ceux qui n’ont pas pu participer à la première rencontre et pour préparer celle de 2027. Le partage des documents et événements entre les membres du réseau va continuer en ligne au moyen d’un Padlet participatif.

    Les personnes intéressées à rejoindre le réseau sont invitées à nous contacter : Vox Ethica : info@voxethica.ch

  • Zivildienst – Ein Dienst am Land

    Zivildienst – Ein Dienst am Land

    Was bedeutet es eigentlich, dem eigenen Land zu dienen? Geht es dabei um Pflichtbewusstsein, Patriotismus oder das Engagement für das Gemeinwohl?

    In dieser Episode von Radio-einFluss (dem Podcast von «ethik22») steht genau dieses vielschichtige Thema im Fokus. Zu Gast bei Thomas Wallimann-Sasaki ist Florian Lüthi von Vox ethica. Im Vorfeld der anstehenden eidgenössischen Abstimmung über die Reform des Zivildienstgesetzes geht es darum, wie der Zivildienst das Gemeinwohl stärkt und welchen Beitrag er zum positiven Frieden leistet.

    https://www.podbean.com/ew/pb-nz3ky-1ad2be0

  • Stellungnahme zur Initiative ‘Keine 10-Millionen-Schweiz!’

    Stellungnahme zur Initiative ‘Keine 10-Millionen-Schweiz!’

    Argumentarium von Vox Ethica

    „Ich war fremd und obdachlos und ihr habt mich aufgenommen […]. Amen, ich sage euch: Was ihr einem dieser meiner geringsten Brüder getan habt, das habt ihr mir getan.“(Mt 25,35.40, EU 2016)

    Am 14. Juni 2026 stimmt das Schweizer Stimmvolk über die Volksinitiative ‘Keine 10-Millionen-Schweiz!’ ab. Die Initiative will eine verbindliche Bevölkerungsobergrenze in der Bundesverfassung verankern. Vox Ethica bringt sich gestützt auf die biblische Tradition und die Katholische Soziallehre in die Debatte ein. Beide Quellen betonen übereinstimmend die Bedeutung der Aufnahme von Fremden.

    Diese Initiative bietet keine angemessenen und realistischen Lösungen für sehr unterschiedliche Probleme. Diese Themen erfordern präzise und massgeschneiderte Antworten. Die zahlreichen Herausforderungen und Veränderungen der heutigen Gesellschaft können nicht allein durch die Brille der Migration betrachtet werden. Diese Art von Diskurs fördert die Gleichsetzung von ‘Ausländerinnen und Ausländern’ mit ‘Problemen’. Solche Vereinfachungen sind gefährlich, da sie ein verzerrtes Bild der Realität vermitteln.

    Die Bedenken bezüglich Infrastruktur, Wohnraum und Raumplanung sind berechtigt und verdienen ernsthafte Antworten. Das Schweizer Staatsgebiet ist tatsächlich nicht unbegrenzt nutzbar. Damit verbunden sind eine Vielzahl von Herausforderungen: Wohnraumverteilung, Mobilitäts- und Produktionsweisen, Städtebau, Konsum, wirtschaftliche Gerechtigkeit. Die Antwort auf diese komplexen Fragen auf eine Einwanderungsobergrenze zu reduzieren, ist sowohl ein Analysefehler als auch eine Verlagerung der Verantwortung.

    Ökologische Vision im Katholizismus

    Die integrale Ökologie im Sinne von Laudato si’ berücksichtigt menschliche, ökologische und wirtschaftliche Aspekte. Die ökologische Krise, in der wir uns befinden, ist nicht durch die Einwanderung verursacht, sondern der massiven Ausbeutung der natürlichen Ressourcen geschuldet. Die Achtung der Schöpfung ist keine nebensächliche Frage und muss ernst genommen werden. Der Mensch ist nicht Eigentümer der Schöpfung, sondern ihr Hüter. Die Enzyklika Laudato si’ lädt uns ein, unser Konsumverhalten und unser Verhältnis zur Natur zu überdenken. Dabei gilt es, die Menschen zu achten, besonders die Verletzlichsten.

    „Alles ist miteinander verbunden. Darum ist eine Sorge für die Umwelt gefordert, die mit einer echten Liebe zu den Menschen und einem ständigen Engagementangesichts der Probleme der Gesellschaft verbunden ist.“ Laudato si’, 91

    „Die Schuld dem Bevölkerungszuwachs und nicht dem extremen und selektiven Konsumverhalten einiger anzulasten, ist eine Art, sich den Problemen nicht zu stellen.“ Laudato si’, 50

    Die Aufnahme des Fremden als biblisches Motiv

    Von der Berufung Abrahams (Gen 12,1) bis zur Flucht der Heiligen Familie nach Ägypten (Mt 2,13–15), über die Sklaverei und den Exodus hinweg: die Heilsgeschichte ist eine Geschichte der Migration. Dieses Gedächtnis ist nicht beliebig. Es begründet ein ethisches Gebot, das im Ersten Testament seinen Niederschlag gefunden hat: „Wenn ein Fremder bei euch in eurem Land als Fremder lebt, sollt ihr ihn nicht unterdrücken. Der Fremde, der sich bei euch aufhält, soll euch wie ein Einheimischer gelten und du sollst ihn lieben wie dich selbst; denn ihr seid selbst Fremde in Ägypten gewesen. […]“ (Lev 19,33–34). Wir sind aufgerufen, Gott nachzuahmen und dies durch unsere Taten zu zeigen (Imitatio Dei): „Er [Gott] liebt die Fremden“ (Dtn 10,18). Das Volk Gottes ist ein Volk, das sich erinnert, fremd gewesen zu sein, und das aus dieser Erinnerung seine Ethik der Gastfreundschaft und Aufnahme schöpft.

    Das Neue Testament spitzt diese Perspektive zu, indem Christus selbst sich mit dem Fremden identifiziert und solidarisiert: „Ich war fremd und obdachlos und ihr habt mich aufgenommen“ (Mt 25,35).

    Solidarität : ein zentraler christlicher Wert

    Solidarität ist ein Grundpfeiler der katholischen Soziallehre. Diese gilt nicht nur gegenüber Nahestehenden oder Familienangehörigen, sondern gegenüber jeder Person. Das Christentum postuliert eine universale Ethik, in der jede Person mein Nächster bzw. meine Nächste ist, unabhängig von Staatsangehörigkeit, Status, Kultur oder Herkunft. Solidarität gilt nicht nur meinen Mitbürgerinnen und Mitbürgern, sondern jedem Menschen, besonders den Verletzlichsten, Schwächsten und Ärmsten. Das Recht auf Asyl zu verweigern oder zu schwächen bedeutet, nicht nur das Engagement der Schweiz für die Menschenrechte infrage zu stellen, sondern auch das christliche Ethos zu verletzen. Für Christinnen und Christen verbindet eine universale Geschwisterlichkeit alle Menschen. Lösungsansätze, die unsere Verantwortung gegenüber anderen verringern, können sich nicht auf christliches Denken berufen.

    Die Infragestellung des Familiennachzugs und die Gefährdung des Niederlassungsstatus schwächen Familien und verhindern ihre Integration. Die Schweiz profitiert seit Jahrhunderten vom Beitrag ausländischer Arbeitnehmerinnen und Arbeitnehmer, die dieses Land und seine multikulturelle Identität mitaufgebaut haben. Personen ausländischer Herkunft leisten auf wirtschaftlicher, sozialer und menschlicher Ebene viel für die Schweiz. Und nicht zu vergessen: eine Vielzahl der Katholikinnen und Katholiken dieses Landes hat einen Migrationshintergrund.

    Sozialer Rückschritt statt Lösung

    Die Arbeitsbedingungen ausländischer Arbeitnehmerinnen und Arbeitnehmer zu verschlechtern (zum Beispiel durch die Kündigung des Freizügigkeitsabkommens), ist keine Unterstützung für die Arbeitnehmerschaft dieses Landes. Im Gegenteil: Es ist eine Aushöhlung des Arbeitsrechts, das sich auf alle Arbeitnehmenden auswirkt. Die aktuellen Herausforderungen der Schweiz (Wohnungsmangel, steigende Krankenkassenprämien) müssen durch einen verstärkten Schutz der Verletzlichsten und eine bessere soziale Gerechtigkeit bekämpft werden. Der Schutz der sozialen und wirtschaftlichen Rechte aller (Recht auf erschwinglichen Wohnraum, auf Bildung, auf einen angemessenen Lohn usw.) ist heute dringender denn je. Die Stigmatisierung der verletzlichsten Arbeitnehmerinnen und Arbeitnehmer, davon ein Grossteil Ausländerinnen und Ausländer, bietet keine ethisch vertretbare Lösung. Die prekärsten Arbeitsverhältnisse (Saisonarbeit, Schwarzarbeit) könnten sich weiter verschlechtern. Die Annahme der Initiative könnte die Ausbeutung von Migrantinnen und Migranten weiter begünstigen, ihre vollständige Integration verhindern und die Ungleichheiten in der Arbeitswelt vertiefen.

    Wie empfangen wir, wer zu uns kommt?

    Die Initiative, die Menschen als Ströme und Zahlen begreift, reduziert menschliche Existenzen auf blosse Zahlen in einer Gleichung. Die Anzahl von Menschen auf einem Staatsgebiet als zu bewältigende Bedrohung zu begreifen, instrumentalisiert Menschen, anstatt ihnen ein Gesicht und eine Menschlichkeit zuzuerkennen. Die darausfliessenden Massnahmen implizieren zwingend, dass Menschen zurückgewiesen oder ausgeschlossen werden, nicht aufgrund einer Prüfung ihrer persönlichen Situation, sondern allein aufgrund einer Berechnung. Menschen und ihre Familien auf Zahlen zu reduzieren, ist eine offensichtliche Verletzung ihrer Menschlichkeit.

    „Wie eine Mutter, begleitet die Kirche alle, die unterwegs sind. Wo die Welt Bedrohungen sieht, sieht sie Kinder; wo Mauern errichtet werden, baut sie Brücken. Sie weiss, dass ihre Verkündigung nur dann glaubwürdig ist, wenn sie sich in Gesten der Nähe und der Aufnahme ausdrückt; und dass in jedem zurückgewiesenen Migranten Christus selbst an die Türen der Gemeinschaft klopft.“Dilexi te, 75.

    Quellen des kirchlichen Lehramts

    FRANZISKUS, Laudato si’. Enzyklika über die Sorge für das gemeinsame Haus, 24. Mai 2015.

    https://www.vatican.va/content/francesco/de/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html

    LEO XIV., Dilexi te. Apostolische Exhortation über die Liebe zu den Armen, 4. Oktober 2025.

    https://www.vatican.va/content/leo-xiv/de/apost_exhortations/documents/20251004-dilexi-te.html

  • Prise de position sur l’Initiative populaire: « Pas de Suisse à 10 millions ! (initiative pour la durabilité »

    Prise de position sur l’Initiative populaire: « Pas de Suisse à 10 millions ! (initiative pour la durabilité »

    « J’étais étranger et vous m’avez accueilli […].
    En vérité je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

    (Matthieu 25,35.40, TOB)

    Le 14 juin 2026, le peuple suisse est appelé à se prononcer sur l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions ! », qui vise à inscrire dans la Constitution un plafond démographique contraignant qui vise à restreindre significativement l’immigration. Vox Ethica souhaite éclairer ce débat à la lumière de la Doctrine Sociale de l’Église et de la tradition biblique. Ces deux sources se rejoignent sur la question de l’accueil de l’étranger.

    Cette initiative ne propose pas de solutions adaptées et réalistes à des problèmes très divers. Chacun de ces sujets demande des solutions précises et adaptées. Les nombreux défis et mutations de la société actuelle ne peuvent pas être uniquement pensés à travers le prisme de la migration. Ce type de discours propose de fausses solutions et favorise les amalgames entre « étrangers » et « problèmes ».  Ces discours sont dangereux car ils donnent une fausse vision de la réalité. 

    Les préoccupations concernant les infrastructures et le logement et l’aménagement du territoire sont réelles et méritent des réponses sérieuses. Le territoire suisse n’est effectivement pas indéfiniment extensible. Les causes de la pression sur les territoires sont structurelles (répartition des logements, densité des villes, modes de déplacements, de production, urbanisme, consommation, justice économique). Les réduire à un seuil d’immigration, c’est à la fois une erreur d’analyse et un déplacement de responsabilité.

    Vision écologique dans le catholicisme

    L’apport de l’écologie intégrale, au sens de Laudato si‘, vise à prendre en compte aussi bien les aspects humains, qu’environnementaux et économiques. Les défis écologiques auxquels nous sommes confrontés, ne sont pas liés à l’immigration, mais à notre exploitation massive des ressources naturelles.  La démesure envers la création n’est pas une question secondaire et elle mérite d’être prise au sérieux. L’être humain n’est pas simplement propriétaire de la création, mais son gardien. L’Encyclique Laudato si’ nous incite à repenser nos modes de consommation et de relation à la nature, tout en respectant l’humain et particulièrement les plus vulnérables.

    « […] Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société. » Laudato si’, 91

    « Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes. », Laudato si’, 50

    L’accueil de l’autre au cœur de la Révélation biblique

    De la vocation d’Abraham (Gn 12,1) à la fuite en Égypte de la Sainte Famille (Mt 2,13-15), en passant par l’esclavage et l’exode fondateurs d’Israël, l’histoire du salut est structurellement une histoire de migration. Cette mémoire n’est pas anecdotique. Elle fonde un impératif éthique répété avec une insistance sans équivalent dans le Premier Testament : « Lorsqu’un immigré résidera avec vous dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas. L’immigré qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote ; tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été immigrés au pays d’Égypte. […] » (Lv 19,33-34). Nous sommes appelés à imiter Dieu et à faire preuve de sagesse par nos actes (Imitatio Dei) : « Il [Dieu] aime l’immigré » (cf. Dt 10,18). Le Nouveau Testament poursuit cette logique par l’identification de l’étranger au Christ : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25,35).

    Le peuple de Dieu est un peuple qui se souvient d’avoir été étranger, et qui tient de cette mémoire son éthique de l’accueil et de l’hospitalité.

    La solidarité, une valeur chrétienne centrale
    La doctrine sociale catholique nous rappelle notre devoir de solidarité, non seulement envers nos proches ou nos familles, mais envers toute personne. En effet le christianisme propose une éthique universelle, où chacun est mon prochain, quelle que soit sa nationalité, son statut, sa culture ou son origine. La solidarité ne s’adresse pas seulement à mes compatriotes, mais à toute personne dans le besoin, avec une attention particulière pour les plus vulnérables et les plus démunis. Refuser ou affaiblir le droit d’asile c’est remettre en question, non seulement l’engagement de la Suisse pour les droits de l’homme, mais c’est aussi porter atteinte au cœur de l’éthique chrétienne. Pour les chrétiens une fraternité universelle unit tous les êtres humains. Les solutions qui cherchent à diminuer notre responsabilité envers les autres ne peuvent pas se fonder sur la pensée chrétienne.

    La remise en question du regroupement familial et la mise en péril du statut de travailleur permanent, fragilisent les familles et empêchent leur intégration. Rappelons-le, la Suisse bénéficie depuis des siècles de l’apport des travailleurs et travailleuses étrangers, qui ont contribué à construire ce pays et son identité multiculturelle. Ces personnes d’origine étrangère apportent beaucoup à la Suisse au niveau économique, social et humain. Et n’oublions pas qu’une grande partie de la communauté catholique de ce pays est issue de l’immigration[i].

    Une politique qui renforce la pauvreté

    Rendre le travail des étrangers encore plus précaire n’est pas une façon de soutenir les travailleurs et travailleuses de ce pays, mais constitue d’abord une atteinte au droit du travail qui se répercute dans toute la société. Les défis actuels de la Suisse (pénurie de logements, augmentation des frais d’assurance maladie, etc.) doivent être combattus par une défense accrue des plus vulnérables et une meilleure justice sociale. Une plus grande solidarité passe par le renforcement des droits humains. Une défense des droits sociaux et économiques de tous et toutes (droit à un logement abordable, à une éducation de qualité, à la formation, à un salaire décent, etc.) est de nos jours de plus en plus nécessaire. La stigmatisation des travailleurs les plus vulnérables que l’on transforme en bouc-émissaires n’apporte aucune solution éthiquement acceptable. Ceci risquerait d’augmenter encore les emplois les plus précaires (travail saisonnier, travail au noir..). Cette initiative pourrait davantage favoriser l’exploitation des travailleurs migrants, empêcher leur pleine intégration et creuser encore les inégalités dans le monde du travail.

    Comment accueillons-nous celui qui vient ?

    L’initiative en raisonnant en termes de flux et de seuils, réduit des existences humaines à de simples chiffres dans une équation démographique. Traiter le nombre d’êtres humains présents sur un territoire comme une menace à contenir instrumentalise ces personnes au lieu de leur reconnaître un visage, une humanité. Les mesures prévues par l’initiative impliquent nécessairement que certains seront renvoyés ou exclus, non pas en vertu d’un examen de leur situation propre, mais uniquement en raison d’un calcul. Réduire des personnes et leurs familles à des chiffres constitue une atteinte évidente à leur humanité.

    «L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil ; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté. », Dilexi Te, 75.

    Florence Quinche, philosophe & Florian Lüthi, théologien, pour Vox ethica


  • „Écouter les invisibles“: Ein Seelsorger im Arbeitsalltag

    „Écouter les invisibles“: Ein Seelsorger im Arbeitsalltag

    Jean-Claude Huot war über zehn Jahre in der Arbeitsseelsorge des Kantons Waadt tätig. In seinem Buch „Écouter les invisibles“ beschreibt er seine Erfahrungen und betont, dass das Zuhören im Mittelpunkt seiner Arbeit stand. Die ökumenische Ausrichtung dieser Arbeitspastoral – also die Zusammenarbeit zwischen katholischen und protestantischen Vertretern – war dabei ein besonderes Merkmal. Ein weiterer Schwerpunkt lag auf der Unterstützung von Menschen im Agrarsektor, nachdem eine erhöhte Suizidrate unter Landwirtinnen und Landwirten den Kanton alarmiert hatte.

    Huots Ansatz bestand weniger darin, konkrete Lösungen vorzugeben, als vielmehr Informationen zu vermitteln. Viele der Ratsuchenden waren Migrantinnen und Migranten, die neu in der Schweiz ankamen und sich im Arbeitsmarkt zurechtfinden mussten. Huot half ihnen, Sprachkurse zu finden, Arbeitsmarktstrukturen zu verstehen und rechtliche Fragen zu klären. Sein Ziel war es, den Menschen Autonomie zu ermöglichen, damit sie selbstbestimmt Entscheidungen treffen können. Besonders wichtig war ihm, das Selbstvertrauen der Ratsuchenden zu stärken – etwa indem er sie dabei unterstützte, ihre Kompetenzen in Lebensläufen sichtbar zu machen, auch wenn diese nicht immer formal anerkannt waren.

    Ein zentrales Anliegen Huots war es, die politische Dimension seiner Arbeit zu betonen. Ob in der Kommission Justitia et Pax der Schweizer Bischofskonferenz, bei Fastenaktion oder Public Eye – er erlebte immer wieder, wie politische und wirtschaftliche Entscheidungen das Leben von Menschen prägen. Sein Buch gibt jenen eine Stimme, die oft nur als Kostenfaktoren oder Statistiken wahrgenommen werden. Huot betont, dass die Würde jedes Menschen unveräußerlich ist und dass es wichtig ist, diese Würde unabhängig vom sozialen Status anzuerkennen.

    Besonders beeindruckt war Huot vom Glauben und der Hoffnung der Menschen in prekären Situationen. Viele vertrauten trotz aller Not darauf, dass sie nicht allein gelassen werden. Diese Haltung gab auch ihm selbst Kraft und bestärkte ihn darin, weiterhin für die Schwächsten einzustehen – sei es durch direkte Hilfe oder durch politisches Engagement.

    Für Huot ist die Kirche gefordert, als Advokatin der Gerechtigkeit zu wirken. Sie soll die Stimme derer verstärken, die in der Gesellschaft kaum gehört werden. Sein Fazit lautet, dass sich die Qualität einer Gesellschaft daran misst, wie sie mit den Schwächsten umgeht – ein Gedanke, der nicht nur in der Bibel, sondern auch in der Präambel der Schweizer Bundesverfassung verankert ist.

    Huots Buch ist somit nicht nur eine Berufsbiografie, sondern ein Plädoyer für Menschlichkeit im Arbeitsleben und für den Respekt vor der Würde jedes Einzelnen. Das Buch von Jean-Claude Huot « Écouter les invisibles » ist 2025 im St. Augustin Verlag erschienen.

    10.04.2026 FL

  • Samedi Saint : à quoi bon ?

    Samedi Saint : à quoi bon ?

    Dans l’année liturgique, il existe un jour où tout s’arrête. Aucune célébration. Le tabernacle est vide. Aucune bonne nouvelle. Le silence. Le Samedi Saint est un moment béant entre le Vendredi Saint et la Veillée pascale. Le samedi saint est une rupture dans le temps, l’espace et la parole. Hans Urs von Balthasar écrit à ce sujet : «  Et il existe ce jour où le Fils de Dieu est mort et où Dieu se tait. Oui, c’est pour ce jour que – comme la Tradition nous l’a montré – Dieu s’est fait homme. »

    Le Samedi Saint est le jour du silence de Dieu. Par sa mort sur la croix, Jésus Christ a vécu la mort de l’intérieur. Il a pris sur lui l’extrême de la condition humaine : l’abandon, le silence, la fin. Et c’est précisément là que réside un aveu radical : Dieu n’est pas seulement avec nous quand il fait clair. Il est là aussi – silencieux, attendant, persévérant – dans l’obscurité. Emmanuel – Dieu avec nous – même ici.

    Qu’est-ce que le samedi Saint a à nous dire ?

    Le Samedi Saint nous apprend une posture. Ce que cela signifie se révèle dans la lecture des Écritures. Au moment où la résurrection n’a pas encore eu lieu, personne ne savait ce qui allait advenir. Les apôtres ont fui. Seules quelques femmes sont restées – silencieuses, en deuil, persévérantes. Celui qui se confronte à la perte fait face à l’inacceptable. Regarder cette réalité en face exige beaucoup.

    Le deuil est un ancrage dans le réel, non une faiblesse. Le deuil est une expérience profondément humaine. Dans le fait de porter le deuil, nous témoignons de ce qu’une personne a représenté pour nous – de la place qu’elle occupait dans notre vie. Le deuil ne ment pas. Il montre ce qui était vraiment.

    Nous espérons – sans en être certains. Il est cependant difficile de contempler le Samedi Saint, sans la perspective de la résurrection. Et pourtant, c’est précisément ce point qui appartient à la foi. Croire ne signifie jamais : certitude absolue, mais plutôt : agir, même si l’issue est incertaine. Espérer représente un pari – non aveugle, mais toujours à nouveau confié à la fidélité de Dieu.

    La solidarité plonge, elle ne surplombe pas. Le Samedi Saint est le symbole de la solidarité extrême de Dieu avec les hommes. Cette solidarité ne connaît aucune limite. La descente du Christ dans la mort signifie : personne n’est si perdu que Dieu n’y soit pas. Dieu n’est pas la source de la souffrance – mais il la partage. Par Jésus Christ, Dieu va jusqu’à la mort. Karl Barth écrit : « Tel qu’il [Jésus Christ] est, tel est Dieu. Ainsi il affirme l’homme. Ainsi il prend part à lui. Ainsi il s’engage lui-même pour lui. »

    Le Samedi Saint : la présence malgré tout. Au Samedi Saint succède la Veillée pascale. Les chrétiens vivent dans la confiance que la souffrance et la mort n’ont pas le dernier mot. La résurrection n’ôte pas son poids à la souffrance – mais elle lui ôte le dernier mot. Dans nos vies, nous traversons aussi des deuils, qui comme les moments de Samedi Saint ont toute leur importance. Celui qui les évite ferme les yeux sur le scandale de la souffrance et de la mort.

    Pour aller plus loin: Hans Urs von Balthasar. La théologie des trois jours.

    30.03.2026 FL

  • Karsamstag: wozu eigentlich?

    Karsamstag: wozu eigentlich?

    Im Kirchenjahr gibt es einen Tag. Da steht alles still. Kein Gottesdienst. Die Kirchen sind leer geräumt. Keine Frohbotschaft. Stille. Der Karsamstag ist eine klaffende Lücke zwischen Karfreitag und der Osternacht. Er ist ein Riss in Zeit, Raum und Sprache. Hans-Urs von Balthasar schreibt diesbezüglich: “Und es gibt diesen Tag, da der Sohn Gottes tot und Gott unzulänglich ist. Ja, um diesen Tag willen ist – wie die Tradition uns zeigte- Gott Mensch geworden.”

    Der Karsamstag ist der Tag des Schweigens Gottes. Jesus Christus hat durch seinen Tod am Kreuz das Sterben von innen erlebt – nicht als Zuschauer, sondern als Teilnehmer. Er hat das Äusserste des Menschseins auf sich genommen: die Verlassenheit, die Stille, das Ende. Und genau darin liegt ein radikales Bekenntnis: Gott ist nicht nur bei uns, wenn es hell ist. Er ist auch da – schweigend, wartend, ausharrend – im Dunkel. Emanuel – Gott mit uns – auch hier.

    Was hat uns dieser Tag zu sagen? 

    Der Karsamstag ist eine Haltungsschule. Was das bedeutet, zeigt sich, wenn wir in die Evangelien schauen. Die Auferstehung war noch nicht. Niemand wusste, was kommt. Die Apostel flohen. Einzig ein paar Frauen blieben – schweigend, trauernd, ausharrend. Wer den Verlust aushält, kann der Wirklichkeit ins Gesicht sehen. Das fordert viel.

    Trauer ist Realitätsbezug, keine Schwäche. Trauer ist eine zutiefst menschliche Erfahrung. Im Trauern bezeugen wir, was uns ein Mensch bedeutet hat – welchen Stellenwert er in unserem Leben einnahm. Trauer lügt nicht. Sie zeigt, was wirklich war.

    Wir hoffen – ohne uns sicher zu sein. Den Karsamstag ohne die Perspektive der Auferstehung zu betrachten zeigt, wie schwierig das ist. Und doch gehört genau dieser Punkt zum Glauben. Glauben heisst nie: vollständige Gewissheit. Es heisst: Handeln, obwohl der Ausgang offen ist. Hoffen bedeutet ein Wagnis – nicht blind, aber immer wieder neu anvertraut der Treue Gottes.

    Solidarität taucht ein, sie steht nicht drüber. Der Karsamstag steht sinnbildlich für die äusserste Solidarität Gottes mit den Menschen. Diese Solidarität kennt keine Grenze. Der Abstieg Christi zu den Toten bedeutet: Kein Mensch ist so verloren, dass Gott nicht dort wäre. Gott ist nicht Quelle des Leids – er teilt es. Durch Jesus Christus geht Gott den Weg bis in den Tod. Karl Barth schreibt: « So wie er [Jesus Christus] ist Gott. So bejaht er den Menschen. So nimmt er Anteil an ihm. So setzt er sich selbst für ihn ein. »

    Der Karsamstag: Ausharren als Bekenntnis. Auf den Karsamstag folgt die Osternacht. Christen leben im Vertrauen darauf, dass Leid und Tod nicht das letzte Wort haben. Die Auferstehung nimmt dem Leid nicht sein Gewicht, aber sie nimmt ihm das letzte Wort. Karsamstagsmomente behalten dennoch ihre volle Relevanz. Wenn wir solche Momente überspringen, leugnen wir den Skandal des Leidens und des Todes.

    Litteratur: 

    Hans Urs von Balthasar: Theologie der drei Tage. 

    Karl Barth: Die Menschlichkeit Gottes.

    30.03.2026 FL