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  • Multinationales responsables : pourquoi Vox Ethica prend position sur le contre-projet

    Multinationales responsables : pourquoi Vox Ethica prend position sur le contre-projet

    L’Église catholique s’engage depuis des décennies pour le respect des droits humains. Depuis l’encyclique Laudato si’ au plus tard, la protection de l’environnement et la lutte contre les conséquences du changement climatique comptent également parmi ses préoccupations. Un monde où chaque être humain peut réaliser son potentiel est une tâche qui concerne l’ensemble de la société: une tâche qui incombe à tous les acteurs sociaux, et non au seul État.

    Cette conviction n’est pas simplement une position ecclésiale, que l’on pourrait tout aussi bien fonder autrement. Elle plonge ses racines dans la vision biblique de l’être humain et du monde.

    L’être humain comme image de Dieu. Au commencement de la Bible se trouve l’affirmation que l’être humain est créé à l’image de Dieu – chaque être humain, sans exception (Gn 1,26–27). C’est de cette ressemblance divine que la tradition chrétienne tire la dignité inaliénable de toute personne, une dignité qui ne peut être subordonnée à aucune opportunité économique ou politique. Là où les chaînes d’approvisionnement plongent des personnes dans la pauvreté, l’exploitation ou le déplacement forcé, c’est cette ressemblance divine elle-même qui est atteinte.

    La création comme bien confié. Le même récit de la création confie à l’être humain la tâche de « cultiver et de garder » le jardin (Gn 2,15). Il s’agit d’un mandat de soin, non d’exploitation sans égard. Le pape François a repris cette idée dans Laudato si’, rappelant que la terre ne nous appartient pas, mais nous est confiée. Dans cette perspective, la destruction de l’environnement n’est pas un dommage collatéral de l’activité économique, mais une violation d’un mandat originel.

    La tradition prophétique. Toute la Bible est traversée par une voix dérangeante : celle des prophètes, qui condamnent sévèrement l’exploitation économique. Amos, par exemple, dénonce ceux qui « vendent le pauvre pour une paire de sandales » (Am 2,6). Pour la tradition prophétique, le profit économique réalisé au détriment des plus faibles n’est pas un simple écart de conduite, mais une trahison de l’alliance avec Dieu. Cette voix nous interpelle encore aujourd’hui : une liberté économique qui ignore les plus vulnérables tout au long des chaînes d’approvisionnement mondiales s’inscrit dans une longue série de pratiques condamnées par la Bible.

    Dieu aux côtés des plus vulnérables. Enfin, la venue même de Dieu dans le monde – l’incarnation – manifeste une attention durable envers les petits et les vulnérables. Cette logique de solidarité « par le bas » constitue la raison théologique la plus profonde pour laquelle l’engagement ecclésial ne se satisfait pas de déclarations d’intention bien formulées, mais insiste sur des mécanismes de protection efficaces et opposables en justice pour les personnes réellement concernées.

    C’est sur ce fondement biblique et théologique que la doctrine sociale de l’Église a développé ses principes, traduisant ces intuitions en principes. Le principe du bien commun, par exemple, ne s’applique pas seulement à l’action de l’État, mais engage tout autant les acteurs économiques privés : la liberté d’entreprendre n’est pas une fin en soi, mais doit s’orienter – précisément en vertu de cette ressemblance divine partagée par tous les êtres humains – vers la contribution au bien de tous.

    Qu’en découle-t-il concrètement ? De l’articulation de deux autres principes fondamentaux (la subsidiarité et la solidarité ) découle l’exigence d’obligations de diligence contraignantes, et non simplement volontaires, pour les entreprises. La subsidiarité ne signifie en effet pas que l’État doive se tenir le plus possible à l’écart, mais l’oblige au contraire à intervenir dès lors que l’échelon inférieur – ici : l’engagement volontaire des entreprises – ne remplit manifestement pas sa mission de protection. La dimension mondiale de la solidarité, que l’Église souligne depuis Populorum Progressio, exige qu’à une activité économique transfrontalière corresponde également une responsabilité juridique transfrontalière . Une responsabilité qui découle en définitive de la conviction que tous les êtres humains, où qu’ils vivent, partagent la même dignité.

    C’est à partir de ces réflexions que Vox Ethica a décidé de s’engager, par cette prise de position, dans la consultation relative au contre-projet indirect à l’initiative populaire « Pour des multinationales responsables – afin de protéger l’être humain et l’environnement ».

    Vox Ethica salue par principe toutes les démarches qui favorisent une meilleure protection de l’être humain et de l’environnement face aux conséquences de l’activité humaine. Dans sa prise de position, Vox Ethica montre toutefois aussi les points sur lesquels le projet actuel devrait, à son avis, encore être amélioré.

    FL. 24.07.2026

  • Journée sur l’écologie intégrale à Fribourg

    Journée sur l’écologie intégrale à Fribourg

    Cette première journée nationale a été organisée par Vox Ethica (Florian Lüthi et Florence Quinche) le 23 juin 2026 à Fribourg. Elle a rassemblé différent·e·s acteur·e·s de l’Eglise catholique et d’organisations œcuméniques autour des projets menés sur l’Ecologie intégrale. Les objectifs de la journée visaient à identifier les acteurs des différentes régions de l’Eglise catholique suisse intéressé.e.s par l’écologie intégrale tout en leur permettant de se rencontrer et d’échanger sur leurs projets et besoins respectifs.

    Josef Stübi, évêque auxiliaire de Bâle a ouvert la journée avec un témoignage tiré de son enfance où le lien du monde paysan à la nature était encore fortement teinté de religiosité et de respect. Il nous a rappelé que penser la nature comme une Création, c’est-à-dire la percevoir comme un don sacré, transforme radicalement notre rapport à la nature et nous en impose un profond respect.

    L’introduction de la journée a été faite par une scientifique spécialiste du changement transformatif et de la préservation de la biodiversité Dorothea Hug Peter (https://biodiversitaet.scnat.ch/). Elle a explicité les éléments clés de la notion de changement transformatif et également proposé d’expérimenter la réflexion sur la création de projets d’écologie intégrale en Eglise, à partir d’exemples de cas pratiques. Les participant.e.s ont donc réfléchi avec un jeu de cartes créé à cet effet, sur comment intégrer les dimensions écologiques (préservations de la nature, mais aussi la prise en compte des valeurs sociales) dans des projets locaux.

    L’importance des aspects spirituels de notre lien à la Création a été mise en évidence par le théologien Michel Maxime Egger (https://trilogies.org/) , qui a proposé une réflexion à partir de Laudato si’ et de la théologie orthodoxe. Il a notamment rappelé que la protection de la Création n’est pas un aspect secondaire de la foi chrétienne, mais un élément central qui ne peut être marginalisé. Il a expliqué ainsi l’importance d’une conversion intérieure de chacun, afin que le changement soit porté par un réel amour de la Création et pas simplement par un sentiment de devoir ou un conformisme extérieur. Son appel à la prise de conscience des causes humaines de la crise écologique résonne avec celui de notre pouvoir de changer les choses. Nos paradigmes de pensée sont ainsi à renouveler, pour qu’un changement profond de la société puisse avoir lieu. En référence au Patriarche Bartholomée 1er, il évoque une métanoïa individuelle et collective.

    Le réseau œcuménique suisse-romand Ecoéglise (https://ecoeglise.ch/ ) a été présenté par Lara Florine Schmid. Cette association rassemble des paroisses et communautés de croyants de toute la Suisse romande. Elle propose notamment des échanges, des outils d’écodiagnostic, du matériel de réflexion et un calendrier partagé et du partage de ressources en ligne (activités, textes pour les célébrations et l’enseignement). Le 3.10.2026 aura lieu à Lausanne la journée annuelle du réseau.

    Roberto de Col a explicité les axes principaux du Conseil épiscopal sur l’Ecologie du Diocèse Lausanne, Genève, Fribourg et Neuchâtel (https://diocese-lgf.ch/conseil-episcopal-ecologie/ ). Les domaines d’action identifiés sont : les célébrations et l’enseignement, les infrastructures, l’engagement solidaire et éthique, la consommation (dont la mobilité), les finances et la biodiversité. Ces axes couvrent différents types de relations : à Dieu, à soi, aux autres et au vivant.

    Le projet de Conseil cantonal de l’Eglise catholique du canton de Vaud (https://www.cath-vd.ch/justice-ecologique-sociale/) a été détaillé par Lucia Castro Navia. Ce Conseil vise, dans un esprit de synodalité, à favoriser une réflexion commune autour de l’intégration des principes d’écologie intégrale dans les paroisses du canton de Vaud. En 2026, 4 rencontres auront lieu, avec plus de 30 personnes invitées, laïques, religieux et bénévoles. Cet espace de discussion ouvert vise à échanger sur la façon de faire vivre l’écologie concrètement dans l’Eglise. Le mouvement et matériel Détox la terre (https://detoxlaterre.ch/), destiné à favoriser une approche décroissante de la consommation, a également été présenté.

    Les projets et le riche matériel d’Oeku, Eglises pour l’environnement, qui fête cette année son jubilé des 40 ans (https://oeku.ch), ont été détaillés par Olivier Ottet. Les différentes certifications (Coq vert) ont aussi été présentées.

    Corinne Zaugg de l’Union féminine catholique tessinoise a relaté les étapes et le processus de création d’un jardin communautaire Laudato si’ dans le cloître de San Giuseppe du diocèse de Lugano (https://ufct.ch/giardino-laudato-si/) ainsi que les activités génératrices de liens organisées autour du jardin. Ce jardin sera inauguré le 6 septembre 2026.

    Le chargé de durabilité (Nachhaltigkeitsbeauftragter) de l’Église catholique du canton de Zurich, Markus Staudinger, a présenté le modèle zurichois de développement durable ecclésial, structuré en trois temps : comment ancrer la durabilité à grande échelle (stratégie participative en 2021), comment produire des effets concrets (via sept champs d’action : biodiversité, écospiritualité, énergie, déchets, consommation, finances et mobilité, complétés par trois champs transversaux : communication, engagement, coopération et partenariats), et ce qui favorise réellement le changement. Ce dernier point repose sur un principe central : la relation passe avant le conseil technique. Un modèle en deux étapes (visite et prise de contact d’abord, conseil ensuite) vise à entrer en relation avec chaque paroisse d’ici 2027, car la confiance est la condition de l’engagement. Résultat tangible à ce jour : −36,6 % d’émissions CO₂ depuis 2019. https://www.zhkath.ch/engagement/oekologie-und-nachhaltigkeit

    Adrian Craciun du Service formations de l’Eglise catholique dans le canton de Fribourg a présenté les nombreuses activités de la Saison de la création proposées par les paroisses ainsi qu’un projet de Guide liturgique sur le thème de la Création. Les textes et commentaires de ce guide ont pour objectif de faciliter l’intégration de ce thème dans les célébrations.https://www.cath-fr.ch/sengager-dans-la-societe/eglise-et-ecologie/ecologie-chez-nous/temps-pour-la-creation/

    La journée a rassemblé 26 acteurs de toutes les régions et diocèses de Suisse et a permis de riches échanges. Elle s’est conclue sur la mise en commun de souhaits et d’idées pour la suite du réseau. Le principe d’une journée annuelle en présentiel a été maintenu. La journée de 2027 pourrait comprendre la visite de projets de paroisses ou de communautés engagées dans la transformation écologique.

    L’ouverture à davantage d’œcuménisme serait également intéressante pour ce type de réseau. L’idée est aussi de travailler durant la journée sur les projets en cours des participant·e·s. Un accent sur la spiritualité pourrait également être intégré dans ces journées, peut-être en lien avec la célébration nationale de la création.

    Une partie des activités du réseau pourrait également avoir lieu en ligne, notamment par une rencontre Zoom, pour celles et ceux qui n’ont pas pu participer à la première rencontre et pour préparer celle de 2027. Le partage des documents et événements entre les membres du réseau va continuer en ligne au moyen d’un Padlet participatif.

    Les personnes intéressées à rejoindre le réseau sont invitées à nous contacter : Vox Ethica : info@voxethica.ch

  • Journée Ecologie intégrale en Eglise

    Le 23 juin 2026 Vox ethica organise à Fribourg une première journée nationale de rencontre et de partage de projets sur le thème de l’écologie intégrale en Eglise.

    Mot de Bienvenue de Mgr. Josef Stübi

    Conférence :
    Präsentation des transformativen Wandels für die Biodiversität,
    Dr. Dorothea Hug Peter, biologiste, Swiss biodiversity forum,  Académie Suisse sciences naturelles. (avec traduction en français)

    Présentation d’activités en Eglise sur le thème de l’écologie : 1ère partie

    Présentation des axes principaux du Conseil épiscopal sur l’Ecologie du Diocèse LGF et des projets actuels. https://diocese-lgf.ch/conseil-episcopal-ecologie/Roberto de Col, représentant de l’évêque du diocèse Lausanne-Genève-Fribourg pour l’écologie
    «Nachhaltig Kirche leben» – Das Zürcher Modell: Von der strategischen Grundlage zur konkreten Umsetzung. https://www.zhkath.ch/engagement/oekologie-und-nachhaltigkeitMarkus Staudinger, Nachhaltigkeitsbeauftragter der katholischen Kirche im Kanton Zürich
    Constitution d’un Conseil cantonal de l’écologie intégrale afin de recueillir les réalités du terrain, dans un esprit synodal. https://www.cath-vd.ch/justice-ecologique-sociale/Lucia Castro Navia, Chargée de projets justice écologique et sociale de l’Eglise catholique du canton de Vaud.

    Conférence :

    Dimension spirituelle de l’engagement écologique et conversion du regard sur la nature, Michel Maxime Egger, théologien, https://www.trilogies.org/

    Présentation d’activités en Eglise sur le thème de l’écologie : 2ème partie :

    Présentation des projets d’OEKU, Kirchen für die Umwelt https://oeku.chOlivier Ottet, OEKU
    Présentation d’Ecoéglise, Réseau œcuménique suisse romand pour le soin de la création https://ecoeglise.ch/Lara-Florine Schmid, Coordinatrice d’EcoEglise
    Jardin Laudato si’ du Centre pastoral du diocèse de Lugano https://ufct.ch/giardino-laudato-si/Corinne Zaugg, Unione femminile cattolica ticinese
    Projets d’action de Carême https://actiondecareme.ch/actualites/  Helena Jeppesen-Spuhler, Fastenaktion
    La Saison de la Création dans le Canton de Fribourg https://www.cath-fr.ch/sengager-dans-la-societe/eglise-et-ecologie/ecologie-chez-nous/temps-pour-la-creation/  Adrian Craciun, Responsable projets écologie intégrale à la Région diocésaine Fribourg francophone

    Travail collaboratif sur le développement du réseau :
    préparation de la journée 2027, activités communes, partage de ressources.

    Article de cath.ch (18.6.26)

  • « Le service civil renforce-t-il le bien commun ? » Podcast avec Florian Lüthi et Thomas Wallimann

    mercredi 26 mai 2026

    Source : https://www.zivi.admin.ch/fr/medias

    Résumé du Podcast :

    Le podcast débute par une brève présentation de l’historique de l’introduction du service civil en Suisse : c’est suite à l’initiative dite de « Münchensteiner » à la fin des années 70 qu’a commencé à se diffuser en Suisse plus largement l’idée d’un service civil. Le refus de servir dans l’armée était jusqu’alors condamnable et ceux qui refusaient d’accomplir le service militaire étaient punis d’une peine de prison. En 1992 une nouvelle initiative est acceptée et un service civil sera finalement instauré en 1996. Jusqu’en 2009, pour faire le service civil, il fallait passer un entretien et démontrer ses motivations, argumenter face à une commission qui décidait ensuite de l’admission ou non. Il fallait en quelque sorte prouver le bien-fondé de son conflit de conscience. Mais cette procédure était particulièrement inégalitaire en ce qu’elle favorisait ceux qui sont à l’aise dans une argumentation théorique et verbale. Ce système d’examen a été depuis remplacé par une « preuve par l’acte », où les candidats au service civil démontrent le bien-fondé de leur motivation et de leur conflit de conscience en effectuant une fois et demie la durée du service militaire.

    Depuis l’abandon de l’examen devant une commission, le nombre de civilistes a fortement augmenté, passant d’environ 1500 à plus de 7000 par année de nos jours.  Actuellement le service civil commence par une mission de langue durée de 150 jours, dans un domaine soit lié au social, à l’éducation, la culture, la santé ou l’agriculture. Depuis 2019 le Conseil fédéral a tenté de durcir l’admission au service civil, mais sans réel succès.

    Florian Lüthi explique ensuite son expérience de service civil, dans le domaine du social, et comment cette expérience a pu faire sens pour lui, notamment à travers l’accompagnement de personnes avec des difficultés spécifiques.

    A la question si le service civil serait une voie plus facile et moins exigeante que le service militaire, il répond en montrant que les civilistes peuvent aussi se trouver dans des contextes exigeants, notamment sur le plan humain. Par exemple en travaillant avec des personnes à besoins spécifiques, les civilistes peuvent soulager momentanément certaines équipes soumises à de fortes pressions et ainsi jouer un rôle de régulateur dans certains services qui sont souvent en sous-effectifs, ou dans des domaines où le rythme de travail est très soutenu et exigeant physiquement (soins, travail agricole, milieux éducatifs).

    Florian Lüthi s’interroge ensuite sur la notion de bien commun : Les civilistes contribuent-ils à ce bien commun ? En Suisse, l’idée de bien commun, de servir la société, n’est pas détachée d’une certaine idée de la citoyenneté participative et de l’engagement. Le Bien commun est en quelque sort porté par les citoyens eux-mêmes, dans leur engagement, que ce soit dans l’armée ou dans d’autres structures (politiques, associatives). Tout notre système politique est en fait système basé sur l’engagement des citoyens et le service civil fonctionne sur le même principe, à savoir permettre de s’engager à son niveau de capacités, pour la société. En ce sens ceci montre l’attachement des Suisses à cette participation des citoyens à une certaine vision de l’Etat.

    T. Wallimann interroge ensuite F. Lüthi sur la situation actuelle. De nombreuses guerres éclatent, même tout près de la Suisse, est-ce qu’une posture résolument pacifiste n’est pas dangereuse ou naïve de nos jours ? A cette question, le théologien répond que préparer la guerre n’est pas suffisant pour favoriser l’avènement de la paix, et encore moins pour instaurer une culture de paix. Il donne également plusieurs exemples où les activités des civilistes, notamment dans le social et le monde éducatif, contribuent à renforcer le sentiment de sécurité des personnes (en milieu psychiatrique et scolaire), parfois de par leur simple présence, ils peuvent contribuer à la pacification de certains environnements ou à éviter des dérives.

    Le podcast se conclut par une discussion sur les conséquences possibles d’un durcissement de l’accès au service civil, et notamment sur les risques d’une augmentation des cas d’inaptitude au service militaire, ce qui ne résoudrait pas les difficultés de recrutement pour le service militaire, et aurait pour conséquence de priver la société du soutien de nombreux civilistes, voire de faire perdre cette tradition d’aide et de participation que véhicule le service civil et les valeurs qu’il porte.

    Prise de position de Justice et paix, rédigée par F. Lüthi (5.06.26):

  • Initiative « Pas de Suisse à 10 millions », prise de position d’Isabel Vasquez, directrice de Migratio, service de la Conférence des évêques Suisses

    Volksinitiative « Keine 10 Millionen-Schweiz ! » Stellungnahme von Isabel Vasquez Direktorin migratio Schweiz, eine Dienstelle der Schweizer Bischofskonferenz

    auf Deutsch + français :

    in italiano :

  • Prise de position sur l’Initiative populaire: « Pas de Suisse à 10 millions ! (initiative pour la durabilité »

    Prise de position sur l’Initiative populaire: « Pas de Suisse à 10 millions ! (initiative pour la durabilité »

    « J’étais étranger et vous m’avez accueilli […].
    En vérité je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

    (Matthieu 25,35.40, TOB)

    Le 14 juin 2026, le peuple suisse est appelé à se prononcer sur l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions ! », qui vise à inscrire dans la Constitution un plafond démographique contraignant qui vise à restreindre significativement l’immigration. Vox Ethica souhaite éclairer ce débat à la lumière de la Doctrine Sociale de l’Église et de la tradition biblique. Ces deux sources se rejoignent sur la question de l’accueil de l’étranger.

    Cette initiative ne propose pas de solutions adaptées et réalistes à des problèmes très divers. Chacun de ces sujets demande des solutions précises et adaptées. Les nombreux défis et mutations de la société actuelle ne peuvent pas être uniquement pensés à travers le prisme de la migration. Ce type de discours propose de fausses solutions et favorise les amalgames entre « étrangers » et « problèmes ».  Ces discours sont dangereux car ils donnent une fausse vision de la réalité. 

    Les préoccupations concernant les infrastructures et le logement et l’aménagement du territoire sont réelles et méritent des réponses sérieuses. Le territoire suisse n’est effectivement pas indéfiniment extensible. Les causes de la pression sur les territoires sont structurelles (répartition des logements, densité des villes, modes de déplacements, de production, urbanisme, consommation, justice économique). Les réduire à un seuil d’immigration, c’est à la fois une erreur d’analyse et un déplacement de responsabilité.

    Vision écologique dans le catholicisme

    L’apport de l’écologie intégrale, au sens de Laudato si‘, vise à prendre en compte aussi bien les aspects humains, qu’environnementaux et économiques. Les défis écologiques auxquels nous sommes confrontés, ne sont pas liés à l’immigration, mais à notre exploitation massive des ressources naturelles.  La démesure envers la création n’est pas une question secondaire et elle mérite d’être prise au sérieux. L’être humain n’est pas simplement propriétaire de la création, mais son gardien. L’Encyclique Laudato si’ nous incite à repenser nos modes de consommation et de relation à la nature, tout en respectant l’humain et particulièrement les plus vulnérables.

    « […] Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société. » Laudato si’, 91

    « Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes. », Laudato si’, 50

    L’accueil de l’autre au cœur de la Révélation biblique

    De la vocation d’Abraham (Gn 12,1) à la fuite en Égypte de la Sainte Famille (Mt 2,13-15), en passant par l’esclavage et l’exode fondateurs d’Israël, l’histoire du salut est structurellement une histoire de migration. Cette mémoire n’est pas anecdotique. Elle fonde un impératif éthique répété avec une insistance sans équivalent dans le Premier Testament : « Lorsqu’un immigré résidera avec vous dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas. L’immigré qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote ; tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été immigrés au pays d’Égypte. […] » (Lv 19,33-34). Nous sommes appelés à imiter Dieu et à faire preuve de sagesse par nos actes (Imitatio Dei) : « Il [Dieu] aime l’immigré » (cf. Dt 10,18). Le Nouveau Testament poursuit cette logique par l’identification de l’étranger au Christ : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25,35).

    Le peuple de Dieu est un peuple qui se souvient d’avoir été étranger, et qui tient de cette mémoire son éthique de l’accueil et de l’hospitalité.

    La solidarité, une valeur chrétienne centrale
    La doctrine sociale catholique nous rappelle notre devoir de solidarité, non seulement envers nos proches ou nos familles, mais envers toute personne. En effet le christianisme propose une éthique universelle, où chacun est mon prochain, quelle que soit sa nationalité, son statut, sa culture ou son origine. La solidarité ne s’adresse pas seulement à mes compatriotes, mais à toute personne dans le besoin, avec une attention particulière pour les plus vulnérables et les plus démunis. Refuser ou affaiblir le droit d’asile c’est remettre en question, non seulement l’engagement de la Suisse pour les droits de l’homme, mais c’est aussi porter atteinte au cœur de l’éthique chrétienne. Pour les chrétiens une fraternité universelle unit tous les êtres humains. Les solutions qui cherchent à diminuer notre responsabilité envers les autres ne peuvent pas se fonder sur la pensée chrétienne.

    La remise en question du regroupement familial et la mise en péril du statut de travailleur permanent, fragilisent les familles et empêchent leur intégration. Rappelons-le, la Suisse bénéficie depuis des siècles de l’apport des travailleurs et travailleuses étrangers, qui ont contribué à construire ce pays et son identité multiculturelle. Ces personnes d’origine étrangère apportent beaucoup à la Suisse au niveau économique, social et humain. Et n’oublions pas qu’une grande partie de la communauté catholique de ce pays est issue de l’immigration[i].

    Une politique qui renforce la pauvreté

    Rendre le travail des étrangers encore plus précaire n’est pas une façon de soutenir les travailleurs et travailleuses de ce pays, mais constitue d’abord une atteinte au droit du travail qui se répercute dans toute la société. Les défis actuels de la Suisse (pénurie de logements, augmentation des frais d’assurance maladie, etc.) doivent être combattus par une défense accrue des plus vulnérables et une meilleure justice sociale. Une plus grande solidarité passe par le renforcement des droits humains. Une défense des droits sociaux et économiques de tous et toutes (droit à un logement abordable, à une éducation de qualité, à la formation, à un salaire décent, etc.) est de nos jours de plus en plus nécessaire. La stigmatisation des travailleurs les plus vulnérables que l’on transforme en bouc-émissaires n’apporte aucune solution éthiquement acceptable. Ceci risquerait d’augmenter encore les emplois les plus précaires (travail saisonnier, travail au noir..). Cette initiative pourrait davantage favoriser l’exploitation des travailleurs migrants, empêcher leur pleine intégration et creuser encore les inégalités dans le monde du travail.

    Comment accueillons-nous celui qui vient ?

    L’initiative en raisonnant en termes de flux et de seuils, réduit des existences humaines à de simples chiffres dans une équation démographique. Traiter le nombre d’êtres humains présents sur un territoire comme une menace à contenir instrumentalise ces personnes au lieu de leur reconnaître un visage, une humanité. Les mesures prévues par l’initiative impliquent nécessairement que certains seront renvoyés ou exclus, non pas en vertu d’un examen de leur situation propre, mais uniquement en raison d’un calcul. Réduire des personnes et leurs familles à des chiffres constitue une atteinte évidente à leur humanité.

    «L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil ; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté. », Dilexi Te, 75.

    Florence Quinche, philosophe & Florian Lüthi, théologien, pour Vox ethica


  • Vers une conversion écologique ?

    Comment la foi chrétienne peut-elle inspirer des actions pour protéger notre Maison commune ?
    C’est ce que propose de faire découvrir cette série de cours organisée par le mouvement catholiqueLaudato si’. Suite à l’Encyclique du pape François Laudato si’ (2015) ce mouvement s’est déployé dans de nombreux pays, afin d’inciter les catholiques à adopter une démarche d’écologie intégrale et de développement durable inspirée de la foi chrétienne.
    Ces 4 webinaires de 1h30 (du 15 avril au 6 mai 2026) pour devenir animateur-trice Laudato si’ ont lieu en direct (16h-17h30) mais sont enregistrés afin de pouvoir également être consultés en différé. Ces formations gratuites sont ouvertes à toutes et tous.

    Dans le premier cours (mercredi 15 avril), Jean Jouzel, climatologue, fait le point sur la situation écologique actuelle (Voir). Hélène Noisette dans le second s’intéresse aux contenus de foi, de l’Encyclique Laudato si’, mais également de la doctrine sociale de l’Eglise, en lien avec le thème de l’écologie et de la protection de la nature, cette « maison commune » que nous partageons(Juger). Alexandre Masson, jésuite et auteur du livre Guide pratique de conversion écologique s’interroge ensuite sur la façon d’intégrer cette éthique dans sa vie quotidienne et comment cheminer vers une « conversion écologique personnelle » (Agir). Le dernier cours fera intervenir des militants de Madagascar, du Congo et de France.

    De nombreuses ressources sont proposées en complément du cours, ainsi que la possibilité de mettre en place un projet personnel et de bénéficier d’un accompagnement. Des formations similaires existent en italien, espagnol, portugais, polonais, hongrois et anglais.

    Programme et inscriptions

  • Samedi Saint : à quoi bon ?

    Samedi Saint : à quoi bon ?

    Dans l’année liturgique, il existe un jour où tout s’arrête. Aucune célébration. Le tabernacle est vide. Aucune bonne nouvelle. Le silence. Le Samedi Saint est un moment béant entre le Vendredi Saint et la Veillée pascale. Le samedi saint est une rupture dans le temps, l’espace et la parole. Hans Urs von Balthasar écrit à ce sujet : «  Et il existe ce jour où le Fils de Dieu est mort et où Dieu se tait. Oui, c’est pour ce jour que – comme la Tradition nous l’a montré – Dieu s’est fait homme. »

    Le Samedi Saint est le jour du silence de Dieu. Par sa mort sur la croix, Jésus Christ a vécu la mort de l’intérieur. Il a pris sur lui l’extrême de la condition humaine : l’abandon, le silence, la fin. Et c’est précisément là que réside un aveu radical : Dieu n’est pas seulement avec nous quand il fait clair. Il est là aussi – silencieux, attendant, persévérant – dans l’obscurité. Emmanuel – Dieu avec nous – même ici.

    Qu’est-ce que le samedi Saint a à nous dire ?

    Le Samedi Saint nous apprend une posture. Ce que cela signifie se révèle dans la lecture des Écritures. Au moment où la résurrection n’a pas encore eu lieu, personne ne savait ce qui allait advenir. Les apôtres ont fui. Seules quelques femmes sont restées – silencieuses, en deuil, persévérantes. Celui qui se confronte à la perte fait face à l’inacceptable. Regarder cette réalité en face exige beaucoup.

    Le deuil est un ancrage dans le réel, non une faiblesse. Le deuil est une expérience profondément humaine. Dans le fait de porter le deuil, nous témoignons de ce qu’une personne a représenté pour nous – de la place qu’elle occupait dans notre vie. Le deuil ne ment pas. Il montre ce qui était vraiment.

    Nous espérons – sans en être certains. Il est cependant difficile de contempler le Samedi Saint, sans la perspective de la résurrection. Et pourtant, c’est précisément ce point qui appartient à la foi. Croire ne signifie jamais : certitude absolue, mais plutôt : agir, même si l’issue est incertaine. Espérer représente un pari – non aveugle, mais toujours à nouveau confié à la fidélité de Dieu.

    La solidarité plonge, elle ne surplombe pas. Le Samedi Saint est le symbole de la solidarité extrême de Dieu avec les hommes. Cette solidarité ne connaît aucune limite. La descente du Christ dans la mort signifie : personne n’est si perdu que Dieu n’y soit pas. Dieu n’est pas la source de la souffrance – mais il la partage. Par Jésus Christ, Dieu va jusqu’à la mort. Karl Barth écrit : « Tel qu’il [Jésus Christ] est, tel est Dieu. Ainsi il affirme l’homme. Ainsi il prend part à lui. Ainsi il s’engage lui-même pour lui. »

    Le Samedi Saint : la présence malgré tout. Au Samedi Saint succède la Veillée pascale. Les chrétiens vivent dans la confiance que la souffrance et la mort n’ont pas le dernier mot. La résurrection n’ôte pas son poids à la souffrance – mais elle lui ôte le dernier mot. Dans nos vies, nous traversons aussi des deuils, qui comme les moments de Samedi Saint ont toute leur importance. Celui qui les évite ferme les yeux sur le scandale de la souffrance et de la mort.

    Pour aller plus loin: Hans Urs von Balthasar. La théologie des trois jours.

    30.03.2026 FL

  • « Ecouter les invisibles, un aumônier au coeur du travail raconte », Podcast  avec Jean-Claude Huot

    « Ecouter les invisibles, un aumônier au coeur du travail raconte », Podcast avec Jean-Claude Huot

    entretien avec F. Quinche le 5 mars à Fribourg (15′)

    à propos du livre « Ecouter les invisibles, un aumônier au cœur du travail raconte »,  paru aux éditions St Augustin en 2025, ouvrage préfacé par Ada Marra.

    Quelques questions abordées durant l’entretien :

    -Quel est le public visé par l’aumônerie du travail en Suisse ? Qui peut s’adresser à ce service ?

    – Le livre « Ecouter les invisibles » donne la parole aux personnes qui vivent des difficultés liées au monde du travail actuel, quel message ces personnes nous transmettent-elles ?

    -Les aumôniers et aumônières du travail sont en quelque sorte aux premières loges pour voir les situations sociales difficiles en lien avec le monde du travail actuel. Comment décrire les besoins des personnes qui viennent rencontrer les aumôniers ?

    -A travers les récits de personnes rencontrées on perçoit les mutations du monde du travail, comment l’aumônier-aumônière peut-il répondre à ces situations extrêmement difficiles ?

    -Quel rôle joue la confiance dans la construction de cette relation d’aide ?

    -L’impuissance de l’aumônier-aumônière face à certaines situations est souvent mentionnée dans le livre, mais comment ne pas se décourager face aux limites de ses possibilités d’action ?

    ***

  • Placés, internés, oubliés ?

    Placés, internés, oubliés ?

    Histoire(s) des mesures de coercition à des fins d’assistance en Suisse. » Exposition itinérante

    Actuellement présentée au musée historique de Lausanne jusqu’au 15 mars 2026, l’exposition voyagera ensuite à Lucerne  (mai à octobre 2026), puis Schaffhouse (décembre 26 à mai 2027), Bellinzone (mai-octobre 2027), puis Berne (novembre 2027 à février 2028). Mandatée par l’Office fédéral de la justice, dans le cadre du programme « Se souvenir pour l’avenir », elle est accompagnée d’un riche matériel pédagogique https://assistance-coercition.ch adapté aux trois régions linguistiques (témoignages, parcours didactiques pour l’éducation à la citoyenneté et l’histoire) réalisé notamment par les hautes écoles pédagogiques de Lucerne et du canton de Vaud et la Scuola Universitaria professionale della Svizzera italiana.

    L’exposition met en lumière les placements à des fins d’assistance, qui ont concerné plus de 100 000 personnes en Suisse au cours du 20ème siècle. Il s’agit de mesures de contrainte (emprisonnement, internement, placement extra familial forcé) opérées sans le consentement des personnes concernées et sans possibilité de recours. Ces placements  aboutissaient le plus souvent à la séparation des familles. Découlant du Code pénal de 1912 (Art. 284, 369, 370, 406) et de l’Arrêté du 24.10.1939 (qui devient une loi en 1941), ces mesures ont perduré jusque dans les années 1980. Elles concernaient majoritairement des enfants et adolescent.e.s.

    Les arguments invoqués étaient le plus souvent liés à la morale de l’époque ou à la précarité (chômage, enfants nés hors-mariage, maladie des parents, etc.). Des enfants de Yéniches ont aussi été ainsi séparés de leurs familles et placés, voire internés.  Il s’agissait de « protéger » ces personnes de leur milieu familial ou d’elles-mêmes, en les privant de liberté et en les séparant de leurs proches. Mais ces placements souvent loin de permettre à ces personnes de se construire, étaient associés à divers types de violences (physiques, psychiques, travail forcé, stérilisation ou castration forcée, expérimentation pharmaceutique non consentie, exclusion sociale..). De 1930 à 1980, ces internements administratifs ont concerné 648 institutions (prisons, colonies pénitentiaires, foyers) réparties dans de nombreux cantons. L’exposition met le focus sur Vaud, Berne, Schaffhouse, Lucerne et le Tessin.

    Cette histoire est longtemps restée inconnue du grand public. Les victimes de ces injustices se sont tues durant de nombreuses années à l’exception de quelques personnes qui ont publié des récits de vie. Mais parler était difficile dans un contexte où ces situations dérangeaient, car elles allaient à l’encontre de l’ image d’une Suisse « moderne »  et « libérale ». C’est une toute autre histoire des institutions qui apparaît ainsi : coercitives, paternalistes et souvent violentes.

    L’exposition met en avant les parcours de vie des enfants placés, à travers des témoignages audio et vidéo, mais aussi par l’accès aux dossiers administratifs de ces personnes. Se croisent alors le vécu des situations et le regard administratif des autorités.
    A travers ces témoignages, on découvre que les conséquences de ces internements injustes. Les violences subies et la stigmatisation qui les accompagnait ont souvent impacté ces personnes tout au long de leur vie.

    C’est grâce à l’aboutissement d’une initiative populaire que des changements législatifs ont pû être initiés et aboutir en 2016 à une loi visant à une réparation financière pour les victimes. Cette loi fédérale sur les « Mesures de coercition à des fins d’assistance et les placements extra familiaux antérieurs à 1981 » permet une compensation financière (25 000 chf) pour les victimes et un accès facilité à leur dossier administratif. Mais ces compensations n’effacent pas les souffrances vécues et ne dédouanent pas du devoir de mémoire, ni de l’analyse visant à comprendre les mécanismes qui ont pû conduire à ces injustices. C’est là qu’intervient la recherche scientifique, dans l’optique de comprendre comment ces dérives ont pû avoir lieu et concerner autant de personnes et d’institutions. La recherche historique permet aussi de montrer en quoi ces témoignages ne sont pas simplement des voix individuelles ou purement subjectives. Elle complète, resitue dans un contexte les discours au moyen des traces matérielles (dossiers, documents administratifs, iconographies..).

    Les impacts de ces recherches touchent autant à l’écriture de l’histoire de la Suisse, qu’au devoir de mémoire afin que ne tombent pas dans l’oubli les victimes, ou « survivant.e.s » comme se nomment certain.e.s des témoins dont le parcours est présenté dans l’exposition.

    F.Q. 12.03.26