Catégorie : Français

  • Le congé du dimanche, une cause toujours à défendre

    Le congé du dimanche, une cause toujours à défendre

    Les attaques contre le congé du dimanche se poursuivent, d’une part via l’Initiative cantonale pour faire passer les dimanches travaillés de 4 à 12 (23.325) et encore via l’initiative parlementaire Burkart (16.484) actuellement en examen au Conseil des Etats. Cette initiative vise à assouplir les règles du télétravail et l’autoriser notamment le dimanche tout en augmentant les tranches horaires possibles de travail. Elle vise également à autoriser d’interrompre les périodes de repos pour des sollicitations urgentes. Ceci toucherait un grand nombre de personnes, et ne se limiterait pas aux domaines de la vente. La vigilance est de mise, pour éviter que la visée du profit économique ne supplante la préservation de la santé des travailleurs, les valeurs citoyennes, le respect de la vie de famille et de la pratique religieuse.

    Le 22 août dernier, F. Quinche de Vox Ethica (Service Ethique et société) a participé à une conférence de presse de l’Alliance pour le Dimanche (composée notamment de : Unia, EERV, Femmes protestantes, Travail suisse, société suisse pour la médecine du travail..). Durant cette conférence a été présentée une étude de l’Université de Berne co-financée par la Commission Justice et paix, sur les impacts sur la santé du travail du dimanche. Face à l’initiative du canton de Zurich pour étendre l’ouverture des magasins à 12 dimanches par an, il était nécessaire de rappeler l’importance du dimanche, tant pour les chrétiens que pour tous les travailleurs et travailleuses : jour de repos, de rencontre au sein des communautés, de spiritualité, ou de reconnection à la nature. Le dimanche est aussi un moment privilégié pour resserrer les liens des familles, pour exercer sa citoyenneté ou développer la vie associative, construire du lien social, partager son temps avec d’autres.

    La Conférence des évêques ainsi que le Commission Justice et paix ont également répondu en octobre à la Consultation (23.325) par des prises de position pour défendre, pour toutes et tous, ce droit au congé du dimanche.

    F.Q.

    Dépêche ATS : https://www.parlament.ch/fr/services/news/Pages/2025/20250923141112484194158159026_bsf098.aspx

    Initiative Burkart : https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20160484

  • Participation de Vox ethica à la session de jeunes 2025

    Participation de Vox ethica à la session de jeunes 2025

    Vox Ethica a été invitée par la Session des jeunes 2025 qui a eu lieu début Novembre à Berne pour partager son expertise sur la question du suicide assisté. Aux côtés de représentants de l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM), de palliative.ch et de Dignitas, Vox Ethica a répondu aux interrogations des membres de la Session des jeunes 2025. L’intérêt manifesté par les participant.e.s, âgées de 14 à 21 ans, montre que le suicide assisté est un sujet qui préoccupe également les jeunes générations.
    Dans son intervention, Florian Lüthi de Vox Ethica, a notamment soulevé les questions sociétales liées à la pratique actuelle du suicide assisté en Suisse. La mise en avant d’arguments exclusivement individualistes tend à occulter les enjeux collectifs du phénomène et notre responsabilité vis-à-vis des personnes fragiles ou en fin de vie. En effet, nous ne sommes pas seulement des individus, mais des personnes pour qui le lien social est fondamental. Pour cette raison, les actions visant à établir ou intensifier des liens sociaux sont primordiales. Ces implications sont d’autant plus importantes que des phénomènes sociaux (par exemple l’individualisation, la solitude dans la vieillesse, le coût de la santé, etc.) influencent notre attitude face à la vie. Pour ces raisons, il est important d’œuvrer pour l’intégration et l’inclusion de toute personne, particulièrement les plus démunies et les plus pauvres.
    À la suite de la consultation, le groupe de jeunes travaillant sur ce sujet a élaboré une proposition visant à lancer une campagne d’information et de sensibilisation sur les bases légales, les questions éthiques et les répercussions émotionnelles de l’assistance au suicide. Cette proposition a été acceptée par 138 voix contre 12 lors de la Session fédérale des jeunes, le 9. Novembre 2025 au palais fédéral. Le Parlement doit maintenant examiner la pétition dans les mois à venir. Vox Ethica salue l’engagement et l’intérêt manifestés par les jeunes sur ce sujet.

  • Le service civil en péril.

    Le service civil en péril.

    Prise de position de Vox Ethica en soutien au référendum pour le service civil.

    Le 15 janvier 2026, le référendum « Sauver le service civil » a été remis à l’administration fédérale. Le durcissement de la loi sur le service civil entraînerait un durcissement des conditions d’admission au service civil. Les électeurs suisses pourront désormais se prononcer sur les modifications prévues lors d’un scrutin. Vox Ethica espère que la tenue d’un référendum suscitera un large débat public sur l’importance du service civil en Suisse.

    Le service civil offre une alternative au service militaire aux personnes qui ont un conflit de conscience à ce sujet. Du point de vue chrétien, les décisions de conscience ont une importance particulière. Ainsi, le Concile Vatican II définit la conscience comme « le centre intime et secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où il entend sa voix » (Gaudium et Spes, n° 16). Dans l’histoire du christianisme, il y a toujours eu des personnes qui ont suivi leur conscience et en ont tiré les conséquences qui s’imposaient. « Je suis ici et je ne peux pas faire autrement », a déclaré Martin Luther devant la Diète impériale à Worms. La conscience a également joué un rôle central dans le développement du mouvement anabaptiste. Il en a résulté une forme précoce d’objection de conscience au service militaire.

    Le référendum sur le service civil invite à réaffirmer avec patience et cohérence que le respect de la conscience, la promotion d’une paix positive et la recherche du bien commun sont des exigences centrales de l’éthique chrétienne. Indépendamment du résultat du vote, il convient de noter que le service civil n’est ni un privilège ni une échappatoire, mais une expression légitime et précieuse de ces exigences éthiques. Sa défense s’inscrit dans une tradition chrétienne qui reconnaît la complexité des ordres politiques, la fragilité des décisions humaines et, en même temps, la vocation universelle d’être des artisans de paix. En ce sens, le service civil ne s’avère pas être un affaiblissement, mais une ressource éthique pour une société démocratique qui prend au sérieux ses fondements moraux.

    Florian Lüthi, Vox Ethica, 16.01.2026